Neurobiologie : La mémoire
Résumé de cours (merci à Olivier T. pour ce résumé)
1)
La mémoire et les différents niveaux d’études
Homme : psychologie expérimentale et psychologie cognitive. Tests
de mémoires. Permet la construction de modèles de fonctionnement de la mémoire,
ces modèles pouvant influencer le profil des recherches (modèles informatiques
élaborés à partir de tests comportementaux).
Animal : ethologie,
psychologie expérimentale (animaux de laboratoire)
Bases neuronales de la
mémoire
Homme : neuropsychologie (sujets lésés), neurosciences
cognitives (sujets intacts le plus souvent)
Animal : Neurosciences intégrées ou cognitives
Processus intracorticaux
in vivo animal anesthesié ou éveillé
in vitro coupes de cerveau vivant
(electrophysiologie) ou mort (neuro-anatomie)
Neuropharmacologie : se réalise à différents niveaux d’études, Bases cellulaires de la mémoire : étude de la transmission synaptique.
2)
Les familles de mémoires chez l’homme
·
Selon
un axe temporel
Mémoire à court terme, de capacité limitée
Mémoire à long terme, de capacité beaucoup moins
limitée
·
En
fonction des processus cognitifs
3)
Etude des bases neuronales de la mémoire
Modèles expérimentaux chez
l’animal
Conditionnement Pavlovien chez la drosophile :
association son + choc électrique
approches différentes :
mutations sur mouches ; mutations puis
sélection
Lésions d’une partie du cerveau de la mouche, lésions à l’aides d’outils génètique, mutants dont une structure cérébrale est absente.
Informations qui convergent
sur les corps pédonculés (convergence d’informations somesthesiques/
olfactives)
Chez les mammifères (Rat ou souris)
Apprentissages simples/
conditionnement de peur
"Son" ou "Son plus choc
électrique" ou "son seul après
conditionnement"
Apprentissage de deux types
de choses
Le contexte
Spécificité du son
Structures cérébrales où
convergent les structures auditives et somesthesiques : zone mémoire ?
Les zones de convergences
sont hélas trop nombreuses pour pouvoir y repérer celles qui nous interesse.
Autres
expériences, consistant à léser l’hippocampe (lésion electrolytique)
Amygdale chez le rat :
Input olfactif, auditif, visuel, somesthésique, hippocampe
Output
régions motrices, hypothalamus
Composée de différents noyaux, n’ayant pas le même input ni le même output.
sans hippocampe : capable de réaliser l’association son / choc mais pas de souvenir du contexte
sans amygdale : pas de souvenir du contexte, pas d’association son / choc
conclusions/ mécanismes d’apprentissages lésés ? Mécanismes d’expression lésés ?
Sans amygdale latérale : Association son / choc absente
Sans amygdale centrale : pas d’expression du sentiment de peur (output important)
Conclusions : le souvenir du contexte dépend de l’intégrité de l’hippocampe (Hippocampique dépendant), l’association semble amygdale laterale dépendant.
Connaissance nécessaire des connectivités pour une meilleure approche et une meilleure compréhension des mécanismes.
Autre test (valence positive) chez le rat : TEST de PREFERENCE CONDITIONNEE
Labyrinthe radial
Phase A : 1 bras éclairé et renforcement (nourriture), 1 bras sombre sans renforcement
Phase B : 2 bras sans renforcement dont un éclairé où les rats vont de façon préferentielle (les rats se dirigent de façon instinctive vers les endroits sombres lorsqu’ils sont non-conditionnés). On obtient les mêmes résultats quand l’hippocampe est enlevé.
Autres tests (toujours avec labyrinthe radial)
Premier test « mémoire de
travail »
But :
aller chercher de la nourriture dans chaque bras, pas le droit d’aller deux
fois dans le même bras dans le même essai.
Hypothèses :
Mémoire à court terme lésée (Working mémory)
Existance d’un substrat neuronal permettant d’apprendre les « règles du jeu »
Second test « mémoire de référence »
But : on laisse éclairé quatres branches du labyrinthe, avec des récompenses aux extrêmités, les rats ne doivent pas rentrer deux fois dans le même bras.
Sans hippocampe, les animaux sont capables de jouer mais avec une charge mnésique moins importante. Composante mémoire présente aussi dans ce test.
L’hippocampe, quand il est absent, empêche l’animal d’avoir en tête les éléments en cours, ce deuxième test permet d’éliminer les hypothèses sensitivo-motrices et motivationnelles déduites à l’issue du premier test. Ceci montre clairement la nécessité d’observer les phénomènes à travers différents test pour éviter les biais expérimentaux. Le problème de ces tests est qu’ils sont peu puissants (on a des nombres d’erreurs sur 2 min compris entreun et dix) ce qui oblige à tester un très grand nombre d’animaux si ont veut des chiffres fiables et représentatifs.
Test beaucoup plus puissant/ test de la piscine
de Morris
Quantification performance de mémoire ; piscine avec une eau opaque, où on peut cacher une petite plateforme, nage au hasard. Mesure d’une valeur continue : on mesure le temps nécessaire pour trouver la plateforme, test qui dure trois minute (au delà on retire le pauvre rat de la flotte)
Deux façons de réaliser le test (localisation plateforme en s ‘aidant d’indices visuels à l’ext.)
Hypothèse : si on enlève l’hippocampe, on doit perturber le comportement de l’animal, cette structure semblant nécessaire à la mémoire de l’espace.
Première façon : on pose le rat à différents point de départ : on trouve les résultats attendus
Seconde façon : rat qui part toujours du même point : Apprentissage malgré la lésion hippocampique, pas une structure critique pour organisation dans espace.Jonglage avec différents stimulis sensoriels, l’hippocampe semble lié à la mémoire relationnelle / configurale. Utilisation de façon souple des indices sensoriels.
Test sur la mémoire épisodique (mémoire affectée dans le cas d’HM)
Le rat sent successsivement les odeurs ABCDE. Ensuite il doit choisir dans une paire ; l’odeur la plus récente pour avoir sa récompense. Si on lèse l’hippocampe, ce test devient impossible alors qu’il est réalisable quand les rats sont sains. Rôle critique de l’hippocampe dans la mémorisation des séquences d’évènements.
Effets des lésions de l’hippocampe ou de l’amygdale
mémoire épisodique
Les différences s’explique par les projections différentes de l’hippocampe et de l’amygdale.
Modèles expérimentaux chez
l’homme
Travail sur des sujets normaux. Deux outils principaux : l’electrophysiologie, techniques d’imagerie cérébrale : TEP et IRMf
Tests de mémoire :
listes de mots, délai, puis rappel libre (but qui est de donner un maximum de
mots), on s’attendait à une activité dans l’hippocampe pendant le délai, or en
TEP cela na pas été le cas. Théories développées chez le rat spécifiques ?
Appareil de mesure pas suffisant ? le phénomène semblant être cortical
dépendant chez l’homme. En IRMf localisation plus précise, région de l’hippocampe
en activité pendant le test. Plus le nombre de mots stockés est important, plus
l’hippocampe cosomme d’oxygène (donc plus en activité)
Electrophysiologie :
localisation en EEG
Electrodes à plusieurs
points de contacts, implantées pendant deux semaines environ : permet une
localisation plus précise. On observe une différences d’amplitude entre mots
rappelés et les mots oubliés. (visualisation en temps réel de la mémorisation)
4)
Neuro-anatomie de la mémoire visuelle
Mise en évidence des néo-cortex dans la mémoire, permettant le recoupement d’informations différentes. Electrophysiologie chez le singe : Ytest ; présentation d’une couleur, puis de deux. Le singe doit désigner la première couleur présentée parmi la paire (ou parmi un ensemble) après un délai déterminé. Mesure à différents endroits du néocortex visuel.
Résultats : activité
qui persiste dans la période de délai au niveau du cortex inféro-temporal.
Réponse neuronal en absence de stimulus, dans une région autre que
l’hippocampe.
Autre test : présentation
d’images plus complexes telles que des photos. Mise en évidence de la
sélectivité des neurones sollicités dans le cortex inféro-temporal.
Théories : combinaison
de neurones sélectif (des visages dans notre cas) qui permet de reconnaître des
visages particuliers : « codage populationnel »
Expérience de lésions
Lésions des cortex en amont
de l’hippocampe ; on regarde si capacité de mémoire sont altérées chez le
singe. Résultats : si on lèse le cortex sans lèser l’hippocampe ; on
observe des troubles importants de mémoires : les structures en amont sont
importantes pour garder en mémoire vive des éléments d’information
Chez homme : tests qui
combinent mémoire spatiale et mémoire de reconnaissance (avec le même input)
observation en imagerie cérébrale pendant le délai. Résultats : activation
cérébrale spécifique de la mémoire de reconnaissance (lobes occipital,
temporal, frontal) de la mémoire spatiale (lobe pariétal)
5)
Neuropharmacologie de la mémoire
Principe général : on
examine l’effet du blocage de la transmission de deux grandes catégories de
neurotransmetteurs
Les NT intra-corticaux (acide glutamique / GABA)
Les Neuro-modulateurs (Ach,
NA, sérotonine)
Exemples
Neuromodulateur, innervation
de l’ensemble du néo-cortex (système Ach du télé-encéphale basal) innervation
de structures sous corticales (système Ach du tronc cérébral) Rôle dans la
mémoire ? nécessité de trouver un test efficace.
Test visuel de non
appariement retardé (DNMTS) : l’injection intra-péritonéale de scopolamine
(antagoniste Ach muscarinique) entraîne un déficit de performances délai
dépendant. (effet à délai important) si on procède à une injection par voie
générale (effet dose pour voir la spécificité de la drogue) : altération
des performances même à court délai.
6) Bases cellulaires de la mémoire
1949 Postulat de Hebb :
Pour deux neurones A et B qui interagissent par une synapse de A vers B, Si A
est dépolarisé en même temps que B de façon répétée, alors la transmission de A
vers B sera renforcée. Concept de mémoire associative.
1975 Démonstration
expérimentale
Hippocampe ; rat et
homme : electrostimulation, mesure PPSE en sortie
travail également sur des
tranches de cerveau (enregistrement intracellulaire)
Avantages : meilleure
caractérisation des phases d’induction et de maintien
Sensibilité aux inhibiteurs de synthèse protéique
Identification du NT mis en
jeu
Identification des
récepteurs post-synaptiques
Identification des
évènements biochimiques post-synaptiques
Identification des
évènements pré-synaptiques et du messager rétrograde.
LPT répond à la propriété
d’associativité, travail sur tranches. L’action de deux axones (A et C) qui
convergent sur le même neurone doit conduire à la potentialisation de l’action
de A et de C.
Stimulation A seul nX / B
seul nX / avec intervalles de 10 secondes / puis A et B simultanés si ensuite
on stimule que A ou B on observe une réponse potentialisée, le gain synaptique
observé peut durer des heures. Les propriétés cellulaires ressemblent aux
propriétés de la mémoire comportementale. LTP facile à obtenir dans régions de
l’hippocampe et du néo-cortex.
AMPA transmission normale
excitatrice, laisse entrer le Na+ (dépolarisation classique) PPSE très court
NMDA transmission
excitatrice lente si neurone fortement activé, normalement bloqué par Mg2+,
laisse entrer le Ca en forte concentrations
Récepteurs métabotropiques
intracellulaires
Les deux derniers récepteurs
sont sollicités dans deux cas particuliers : associativité des inputs,
fortes stimulations.
LTP et vagues d’expression de gènes
Protéines kinases, gènes précoces, protéines de
structure
Si injection d’un inhibiteur protéique on observe
une altération de l’apprentissage d’un conditionnement Pavlovien.
Associativité
Neuromodulation
Corrélation potentiel synaptique et performance,
plasticité synaptique perturbée : performances perturbées
Mesure rétention information (test de la piscine,
mais sans plateforme) : résultats / un traitement inta-péritonéal et
intra-hippocampique par DL APV (antagoniste selectif NMDA) empêche
l’apprentissage de la localisation de la plateforme. Animaux obtenus par
transgenèse avec davantage de récepteur NMDA : souris transgéniques par
surexpression du composant NR2B, protéine clef du récepteur NMDA.